Le mystère du gour de Tazenat
L’atmosphère oppressante pesait lourdement sur l’air, tandis que le soleil déclinait derrière les collines ondoyantes de l’Auvergne, baignant la scène d’une lumière de feu. Les eaux sombres et profondes du Gour de Tazenat, presque noires, ressemblaient à la pupille d’un œil en colère. Il reflétait les ombres du ciel, qui se parait progressivement des nuances pourpres du crépuscule. Cet endroit avait toujours eu une aura mystérieuse, un secret ancestral soufflé par les vents, une énigme que seuls les gens du cru pouvaient appréhender. Ce lac volcanique, appelé gour ou maar en fonction des époques et des gens, était serti entre les premiers contreforts volcaniques Auvergnat. Encore une fois il était le témoin silencieux d’une violence qui allait perturber sa sérénité.
Le Major Hugo Laroche, vêtu simplement d’un jean, d’un blouson et d’une paire de baskets, portait sobrement un brassard tricolore de la gendarmerie, autour de son bras gauche. Il scrutait les derniers rayons de soleil qui se perdaient derrière les arbres bordant le lac. Le gazouillis lointain des oiseaux se mêlait au murmure apaisant de l’eau, créant une cacophonie naturelle, entrecoupée seulement par les jacassements étouffés de ses collègues. Les militaires de la brigade des recherches de RIOM, et les techniciens en investigations criminelles s’activaient autour de lui, comme un balai de Maurice Béjart, à l’intérieur d’un périmètre de sécurité délimité par une rubalise rouge et blanche. Une toile de fond bucolique pour un drame se jouait sous ses yeux, zébrée par l’ éclat stroboscopique bleu des gyrophares.
Au centre de la scène se trouvait le corps inerte d’une jeune femme qui reposait, immergé dans quelques centimètres d’eau à quelques pas de la berge. Ses cheveux, noir de jais, suivaient l’ondes et s’étalaient sur la roche luisante autour de son visage. Le contraste était saisissant avec la pâleur laiteuse de sa peau encore ruisselante. Ses yeux sans vie fixaient le ciel qui s’éteignait sur elle, figés dans une expression d’effroi silencieux, comme si la mort elle-même avait figé ses derniers instants de terreur. Elle avait été belle, grande, mince et sportive. Elle était vêtue d’un blouson fourré marron claire, et d’un pantalon serré noire. Pour elle, la vie avait brutalement pris fin au bord de ce paradis froid.
Laroche frissonna, resserra le col de son blouson, mordillant sa lèvre inférieure, tandis que la bise glaciale de cette fin septembre lui fouettait le visage. Il avait souvent été confronté à des scènes de crime, mais quelque chose était différent. Peut-être était ce l’atmosphère sauvage du lieu, où le contraste entre la violence du crime et la beauté tranquille du gour.
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