{"id":2073,"date":"2024-12-28T10:16:58","date_gmt":"2024-12-28T09:16:58","guid":{"rendered":"https:\/\/patrick-valette.fr\/?page_id=2073"},"modified":"2024-12-28T10:18:28","modified_gmt":"2024-12-28T09:18:28","slug":"les-viziers-1830","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/patrick-valette.fr\/index.php\/les-viziers-1830\/","title":{"rendered":"Les Viziers 1830"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"2073\" class=\"elementor elementor-2073\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-95628fa elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"95628fa\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-fe237c9\" data-id=\"fe237c9\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3747a9f elementor-widget__width-initial elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"3747a9f\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Les Viziers 1830<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-6a2246d elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"6a2246d\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-864137b\" data-id=\"864137b\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b88ff53 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"b88ff53\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Six ans d\u00e9j\u00e0 que notre bon empereur Napol\u00e9on s\u2019\u00e9tait inclin\u00e9 face aux anglais \u00e0 Waterloo. Nous sommes en 1821 \u00e0 B\u00e8gues, petit village du bourbonnais, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment aux Viziers, charmant petit hameau \u00e0 l\u2019\u00e9cart du village. Trois notables \u00e9clairent la commune de leur lumi\u00e8re. Le bourgmestre Sylvain Lenfant, homme de belle prestance au profil confortable qui s\u2019\u00e9tait retir\u00e9 des affaires pour r\u00e9gner sur ses administr\u00e9s avec bienveillance et bonne humeur. Le cur\u00e9, \u00a0L\u2019abb\u00e9 R\u00e9sina dont un boulet de canon avait emport\u00e9 la jambe droite sur le champs de bataille d\u2019I\u00e9na, lui conf\u00e9rant l\u2019allure bancale d\u2019un pingouin, aid\u00e9 en cela par sa soutane noire a jabot blanc. Pour sa part, Gueni\u00e8vre, marieuse et gu\u00e9risseuse exer\u00e7ait son art aux Viziers. Elle \u00e9tait la repr\u00e9sentante du Bourgmestre dans ce quartier peupl\u00e9 de gens bizarres, fort gueulard, un peu soiffard, un tantinet f\u00eatard, mais qui avaient le c\u0153ur sur la main. C\u2019est dans ce contexte que notre qui\u00e9tude fut \u00e9branl\u00e9e par un \u00e9v\u00e8nement remarquable<\/p><p>Un beau matin du mois de mai, la folle du vallon, qui vivait aux Viziers dans sa masure ench\u00e2ss\u00e9e au fond du vallon, comme son sobriquet l\u2019indique, se pointa l\u2019air courrouc\u00e9 chez le magistrat. Celui-ci en grand conciliabule avec le pr\u00eatre, se querellait all\u00e8grement avec lui, d\u00e9battant de leur litige favori en \u00e9voquant l\u2019empierrement du chemin vicinal reliant les bourgs de B\u00e8gues \u00e0 Rochefort, en passant par le pont des Oyes, nouvellement restaur\u00e9. Toutes affaires cessantes, il re\u00e7ut la furie qui lui expliqua avec force gestes et jurons, que les longues plumes dor\u00e9es qui ornaient le cul de ses poules disparaissaient \u00e0 raison d\u2019une par jour en moyenne. Le myst\u00e8re semblait \u00e9pais, mais la vilaine susurrait d\u00e9j\u00e0 insidieusement le nom des membres d\u2019une fratrie de brigands qu\u2019elle soup\u00e7onnait, \u00e2g\u00e9s de six \u00e0 treize ans. En effet, dans ce village d\u2019irr\u00e9ductibles demeurait la famille Picateille qui \u00e9levait ses trois petits enfants orphelins. Le p\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas revenu d\u2019un champs de bataille perdu aux confins d\u2019une Europe inconnue, autant dire sur une autre plan\u00e8te. Ce foyer de paysans poss\u00e9dait peu. Il vivait en autarcie en s\u2019appuyant sur un maigre cheptel de trois vaches, autant de ch\u00e8vres, d\u2019un cochons ainsi que d\u2019une basse-cour de quelques poules et lapins. Un lopin de terre bien exploit\u00e9 les alimentait en l\u00e9gumes, et les cueillettes saisonni\u00e8res compl\u00e9taient le garde-manger en ch\u00e2taignes, m\u00fbres, framboises et cerises aigres \u00e0 l\u2019eau de vie. Notre pain quotidien comme l\u2019aurait dit le cl\u00e9rical, tournait autour d\u2019une soupe de gruaux, agr\u00e9ment\u00e9e par quelques pommes de terre ou de topinambours les jours de f\u00eate. Les trois mouflets, Charlie, Samuel et Noah avaient l\u2019habitude de musarder dans les campagnes alentours, maraudant une pomme par ci, un \u0153uf tomb\u00e9 de la poule par-l\u00e0, ou encore une patate gratt\u00e9e sous le pied. Ils partageaient ses chiches rapines avec une pauvre femme qui vivotait avec ses trois filles dans la chaumi\u00e8re du chuche, une masure en torchis et toit de chaume sans puit ni terre. Fanchon la maman, \u00e9tait une femme ch\u00e9tive aux cheveux longs filasses et blancs, clairsem\u00e9s sur son cr\u00e2ne ayant souffert plus souvent qu\u2019\u00e0 son tour. Dans une vie ant\u00e9rieure elle remplissait la fonction d\u2019\u00e9crivaine publique au chef-lieu de canton, titre administratif ronflant impos\u00e9 par l\u2019empereur aux nouveaux d\u00e9coupages territoriaux. Elle y vivait avec son homme romancier et leurs trois filles, Justine, L\u00e9onide et Bertille, qui aujourd\u2019hui n\u2019\u00e9taient plus des petites filles mais pas encore des femmes. Son mari lui avait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9 par la conscription, mort au champs d\u2019honneur comme ils disent, dans une guerre qui n\u2019\u00e9tait pas sienne. Les Gannatois fervents chr\u00e9tiens, les avaient chass\u00e9es de leur appartement du 40 grande rue, juste au-dessus de l\u2019\u00e9diteur bouquiniste qui salariait son \u00e9poux. C\u2019est lui qui signait nouvelles et romans, abreuvant l\u2019\u00e9diteur d\u2019histoires tristes et romantiques. Tr\u00e8s cultiv\u00e9e et autrice de la moiti\u00e9 des r\u00e9cits publi\u00e9s, elle n\u2019en restait pas moins une femme, l\u2019engeance m\u00eame de celle qui bibliquement parlant fit croquer la pomme \u00e0 Adam. Elle fut jet\u00e9e \u00e0 la rue avec ses filles par cette soci\u00e9t\u00e9 bienpensante pour laquelle elle repr\u00e9sentait le malin. Si seulement elle avait accept\u00e9 de se remarier avec le notaire ou le tailleur qui lui rodait autour, elle n\u2019\u00e9tait pas encore fl\u00e9trie. Elle aurait pu leur consentir un rejeton ou deux, mais voil\u00e0, son homme \u00e9tait toujours ancr\u00e9 au fond de son c\u0153ur. Elle ne pouvait se r\u00e9soudre \u00e0 jeter aux orties quinze ans de bonheur. C\u2019est en charrette \u00e0 bras qu\u2019elle transporta ses maigres reliques et ses baluchons pour \u00e9chouer aux viziers, d\u00e9munie et sans avenir. Par charit\u00e9 Gueni\u00e8vre les h\u00e9bergea dans une chaumi\u00e8re en piteux \u00e9tat qui lui appartenait. Elle s\u2019\u00e9tait prise d\u2019affection pour cette mis\u00e9rable famille et leur portait tisanes et soins quotidiens pour Fanchon. La d\u00e9ch\u00e9ance de cette femme l\u2019avait conduite \u00e0 contracter une s\u00e9rieuse bronchite, voire une fluxion de poitrine ou tuberculose. L\u2019\u00e9poux de Gueni\u00e8vre, pesteur dans le hameau, pr\u00e9levait chaque semaine une tourte de pain dans son p\u00e9trin et la lui faisait passer par sa femme. Les habitants du bourg eux m\u00eame se r\u00e9unissaient une fois par semaines chez la gu\u00e9risseuse. Ils trinquaient d\u2019un godet de ros\u00e9 pas fort mais tr\u00e8s \u00e2pre, tout en abordant les sujets communautaires. Fanchon et ses filles se trouvait au c\u0153ur de leurs pr\u00e9occupations. C\u2019est encore une fois le bourgmestre qui apporta un d\u00e9but de solution. Vu qu\u2019elle semblait avoir des comp\u00e9tences, Il proposa \u00e0 la mis\u00e9reuse de r\u00e9diger les \u00e9crits municipaux.<\/p><p>Plusieurs semaines s\u2019\u00e9coul\u00e8rent paisiblement. Tout en restant chez elle, Fanchon r\u00e9digeait des \u00e9crit au service de la commune, s\u2019\u00e9clairant avec des bouts de chandelles offerts par Gueni\u00e8vre et par les petits enfants Picateille.<\/p><p>C\u2019est l\u00e0 que le drame import\u00e9 par la folle du vallon \u00e9clata. Le vol des plumes sur le croupion des poulets motiva la visite du bourgmestre accompagn\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 R\u00e9sina, et par deux gendarmes moustachus \u00e0 souhait. Ces derniers perch\u00e9s sur d\u2019immenses chevaux \u00e9taient sangl\u00e9s dans leur bel uniforme noir, portant cr\u00e2nement bicornes et sabre \u00e0 la hanche. Un cort\u00e8ge se forma escortant les repr\u00e9sentant de l\u2019ordre chez les trois suspects d\u00e9nonc\u00e9s. Un questionnement en r\u00e8gle et une perquisition sommaire furent op\u00e9r\u00e9s sans r\u00e9sultat chez les trois fr\u00e8res. Les regards se tourn\u00e8rent alors vers cette famille r\u00e9cemment arriv\u00e9e aux viziers. Cette Fanchon et ses trois filles qu\u2019on ne connaissait d\u2019ailleurs pas, n\u2019\u00e9taient-elles pas des voleuse de plumes\u00a0? La procession se reforma, prenant la direction de la masure des \u00e9trang\u00e8res. Sans m\u00e9nagement la femme et ses filles se retrouv\u00e8rent place de la fontaine, transie l\u2019une contre l\u2019autre sous le regard soup\u00e7onneux des badauds men\u00e9s par les deux comm\u00e8res du hameau. La visite domiciliaire fut diligent\u00e9e s\u00e9ance tenante par la mar\u00e9chauss\u00e9e, qui ressortie une poign\u00e9 de plume en main. Un lourd silence pesait sur la place, troubl\u00e9 par les vocif\u00e9rations excit\u00e9es de la folle du vallon. Le bourgmestre intervint calmement, faisant remarquer aux pandores que pour des plumes de poules, elles \u00e9taient bien grosses. De toute \u00e9vidence, il s\u2019agissait des plumes d\u2019oie fournies \u00e0 la dr\u00f4lesse par la mairie dans le cadre de ses attributions. Timidement, Samuel s\u2019avan\u00e7a devant les autorit\u00e9s. Il pointait du doigt le poulailler de la folle du vallon o\u00f9 un coq droit sur ses ergots, avait entrepris de corriger une poulette, lui arrachant furieusement les plumes du croupion.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Viziers 1830 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Six ans d\u00e9j\u00e0 que notre bon empereur Napol\u00e9on s\u2019\u00e9tait inclin\u00e9 face aux anglais \u00e0 Waterloo. 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